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18, 19 & 20 décembre 2008
 
 
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Lilas triste de Franck Vigroux
avec Marc Ducret

" 22 septembre
Serait elle là ? après tout je ne sais plus très bien ce que veux...
Pourquoi je l’ai laissé partir, je n’ai pas compris, ou trop tard
Elle était jeune, elle avait des rêves…
Quand je l’ai connue ses parents avaient cette grande maison sur les hauteurs de Marsala où vivait toute la famille. Moi j'habitais le quartier du port, il devait bien y avoir deux kilomètres, je les faisais à vélo.
D’ailleurs je m’étais inventé un petit jeu comme pour me rassurer, je ne devais pas croiser plus de trois chiens sur ma route.
Ces après midi restent encore mes plus beaux souvenir. Je suis resté superstitieux, par exemple cette ceinture en cuir que je porte encore, et bien si quelle chose va mal je la touche du côté retournée de la peau.
J’ai toujours aimé la compagnie des chiens, je ne sais pas pourquoi, les yeux peut être, quand le mien est mort j’en ai chialé, un dimanche..."

Au départ il y avait une trilogie écrite par le guitariste Franck Vigroux, directeur du label d'Autres Cordes, Lilas Triste, Triste Lilas, Looking for Lilas, trois albums phares qui démontraient toute la force et la créativité de la scène française des musiques créatives. De ce magma sonore foisonnant, Franck Vigroux devait tirer la matière propice à la réalisation d'un spectacle grandeur nature mêlant textes et musiques pour offrir une magnifique fresque sombre, captivante qui pousse à la réflexion... un témoignage poignant et sincère...

Une étonnante découverte que cette passionnante mise en ondes musicales des fragments d’ « errance d’un évadé dans une Europe en cendre », ici en l’occurrence un guitariste-producteur jeune venu aux sensations vives, Franck Vigroux. Ambiances acres pénétrées de respirations inquiètes viennent ainsi reconstituer pour nos oreilles l’imaginaire d’une Europe de la douleur élargie aux vibrations les plus intimes de nos vies présentes. Étrange beauté pour un projet entouré par quelques-uns des meilleurs improvisateurs du moment, Marc Ducret et Bruno Chevillon en tête.
Fins de guerres et utopies de retour à l’ordre ancien. C’est sur cette trame narrative que s’ouvre Triste Lilas, disque qui se propose de plonger l’auditeur dans les délices vénéneux de la mémoire et de la nostalgie de l’amour perdu. Dès le premier morceau (les soldats tambours) se dégagent les énergies distendues des différents métaux mis en présence : métal de la guitare électrique toute de contentions d’un certain Marc Ducret (dont la magnétique voix grave est également mise ici à l’honneur), piques de harpe d’Hélène Breschand, rouille râpeuse enfin des savants effets sonores projetés par le maître d’oeuvre de l’ensemble, Franck Vigroux. Sensations de lyrisme épuisé, aiguillonnées par cet entrelacement de voix et d’instruments : nous sommes ici plongés dans une atmosphère par moments très proche du formidable Qui Parle ? (Sketch, 2003), dernier projet en date de… Marc Ducret. La musique, qui s’écoute d’une traite acide, vient par longs instants tremper son encre dans des formes volontiers nocturnes et rythmées. Ainsi, sur le cygne en porcelaine, de l’intervention de l’immense Bruno Chevillon qui vient fournir à l’ensemble une assise de basse engorgée de saturations rock d’une puissance déconcertante, ou encore des éclats pop lâchés sur la baignoire par la voix de Jenn Pridle, une étonnante personnalité à écouter attentivement. (Mathias Dreyfuss)

La formation est composée de :
Franck Vigroux : ordinateur, voix ; Marc Ducret : guitare, voix.